20.04.2007
Marche de la vie à Auschwitz et Birkenau et article Guysen
J'ai assister le dimanche et le lundi à la Marche et à la commémoration.Ces jeunes, qui pour beaucoup ne sont pas prêt, subissent un choc violent. Ils ne viennent pas seulement à Auschwitz et Birkenau, certains ont été avant à : Treblinka, Maidanek et ensuite Auschwitz et Birkenau, où, grâce à la mise en scène subissent un choc violent. Est-ce nécessaire de leur faire subir cela? Qui a eut cette idée incroyable. Les jeunes Juifs n'ont pas besoin de cela pour comprendre la Shoah!Adulte, vivant entre Auschwitz et Birkenau, devant aller sur ces lieux de morts et de souffrance, lorsque je suis entrée à Birkenau ce lundi 16 avril,entendre ces noms avec leur nationalités, a eut un impact d'une telle violence. Je n'attendais qu'une chose le nom des miens!Cette voix faisait trembler le sol de Birkenau et resonnait dans tout mon être.Des jeunes, trop jeunes, ont eu une réaction non appropriées, ce qui est assez normal.Ils sont, je le répète, trop jeunes, mal préparés et subissent un trop grand choc. J'ai lu un article sur Guysen : A l’ombre de l’histoire, la mémoire de la Shoah en Pologne écrit par : David Bronner. Qu'à Oswiecim le cimetière Juif f a été détruit et rasé après la guerre par des Polonais. La municipalité a décidé d'y installer un terrain de sport. Les samedis, les habitants d'Auschwitz sont au cimetière juif pour soutenir leur équipe de football.Je suis allée voir si je n'avais pas rêver. Le cimetière Juif existe! J'ai fait des photos pour prouver cela.Monde de fou! Ou est-ce moi qui perd a raison?

19:59
Écrit par cheana
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15.04.2007
Marche
22:20
Écrit par cheana
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12.04.2007
article destiné à...tous
Pourquoi suis-je partie là-bas où… ?
La responsabilité en incombe à mon grand-père, celui qui a et continue à compter le plus dans ma vie, dans mes décisions.
Les premières années de la vie d’un être humain auront une influence tout au long de sa vie.
Mes premières années passées en compagnie de ce grand-père, homme simple, érudit et... Silencieux.
Il m’a transmis sans mode d’emploi la Shoah. Un jour, il a bien fallu que je comprenne.
Pour comprendre je devais aller là où….
Arrivée à Oswiecim, le besoin d’inverser la vapeur s’est imposé. La première fois lorsque j’ai croisé des skinheads à Auschwitz I, je suis restée abasourdie, sans réaction. Le plus choquant fut la réaction des autres visiteurs : détournant le regard, comme pour ne pas à avoir à réagir.
La première visite que l’on fait dans un tel lieu est une expérience forte. On peut « tout voir » ou ne rien voir.
La seconde fois où je vis ces néonazis, ils passaient le portail de Birkenau alors que j’en sortais. Il était évident que je devais réagir. Ce face à face à quelques mètres devait pour ceux qui entraient au côté des ces sales indivis, paraît être une rencontre du troisième type. Une petite juive menaçant de sa clarinette ses malabars !De loin pouvait-on penser à une arme ?
Les skinheads ont disparu ! Encore une fois la non-réaction des visiteurs ! Cela signifie t il qu au cas où ces individus qui n’ont pas leur place dans un tel lieu auraient pu m’agresser sans que personne n’intervienne ? Je le crois !
La décision, particulière de boucler mes bagages et venir m’installer dans cette ville a été pris à cet instant. Comme si inverser la vapeur une première fois ne suffisait pas.
La nuit du 7 au 8 août 2006, date que je n’oublierai pas, j’ai traversé les frontières emportant tout le contenu de ma petite maison en Transylvanie.
Ce trajet m’est apparu si simple, si facile. Hormis les problèmes avec un douanier hongrois. Je faisais le même trajet que tant d’autres avaient fait dans d’horribles conditions, se dirigeant vers l’enfer. Chaque kilomètre, je pensais à eux, en ayant le sentiment de rendre un hommage. Autant le douanier hongrois qui devait être, le pire des antisémites qui soit fut douloureuse, autant l’accueil des Polonais fut sympathique. Comme quoi, la vie nous réserve des surprises.
Le premier Chabat, dans cette ville, fut d’une tristesse ! Arrivée juste avant, je comptais faire un des plus beau Chabat qui soit. Un hommage pour les victimes pieuses, Les Polonais que je connaissais n’ont rien compris à la symbolique !
Lorsque j’ai placé les mezzouzot aux portes de ce qui est devenu mon appartement dans la ville d’Oswiecim, tellement émue j’en ai cassé des boîtiers. Un de ces boîtiers a été réparé par mon propriétaire. Intention que j’ai pris comme un : bienvenu !
Les premiers mois passés dans cette ville on été riches en expériences. J’ai passé les fêtes de Roch Hachana, Kippour seul dans cette ville. Peu de visiteurs savent qu’avant la guerre, plus de la moitié des habitants étaient Juifs. Que cette ville s’appelle en Yiddish : Oshpitzine.. Une synagogue a été restaurée, j’y suis passée pour les fêtes. On n’est pas seul, il y a « quelque chose qui plane dans l’air. Tout est imprégné. Les murs de cette synagogue sont d’origines. Les murs, le sol ont une mémoire.
Il m’a fallu une longue période pour ne plus avoir les associations d’idées. Prendre une douche reste un vrai défi.
Vivre ici c’est se mettre en péril. Je veux comprendre, savoir. Les Polonais mettent en avant leur martyrologie. Si ce n’était qu’une façon de cacher leur sentiment de culpabilité ?
Un des paradoxes de cette ville, en dehors des jours de semaines, tout est…sans vie. Il y règne un silence de mort.Particulièrement le dimanche, ou les jours de fêtes. Le peu de vie se manifeste au moment des messes. La très Sainte Pologne.
Mon appartement est situé dans le centre, en face des Salésiens. Donc il y a une Eglise. Ce qui frappe lorsqu on regarde les fidèles, ils ont une expression fermée. Je me souviens en Transylvanie, que ce soit les dimanches, ou jours de fêtes, les fidèles se rendaient de gaieté de cœur à l’office. Ici, non ! Il est de bon aloi d’être vu à la messe.
Il est tentant le dimanche d’aller à….Auschwitz, pour rencontrer des êtres vivants. La société polonaise est une société fermée, repliée sur elle-même. Le dimanche, chacun reste chez soi. Par très beau temps, ils se promènent y compris aux alentours de l’ancien camp. Cela déroute de voir des familles avec des enfants dans des poussettes se promener à quelques mètres de cet endroit. Il y a bien une université qui a ouvert ses portes, dont les élèves ont une vue sur le camp d’Auschwitz.
Parce qu’un jour j’ai bien été obligée d’affronter la Shoah, préparant à la demande de Greco catholique (église greco-catholique est à l’origine orthodoxe ralliée à Rome. Ils sont roumains, vivent en Transylvanie), une conférence, sur la Shoah, j’ai plongé corps et âmes, durant des mois. Tant pour effectuer des recherches, que pour me préparer psychologiquement. Je n’avais pas le droit de décharger sur ceux qui ne sont coupables de rien, ma haine, ma rage. Ensuite, un voyage a été organisé avec un groupe de séminaristes et de prêtes à Auschwitz et Birkenau.
Dans quelque temps, je leur demanderai si leurs visions du monde, des choses ont changées depuis cette visite ? Qu’ont-ils vus ?
J’évite de trop fréquenter les lieux de mémoire qui sont avant tout des lieux de souffrance. Parfois j’y vais avec certaines personnes, souvent des francophones. IL existe une demande de la part de francophone, non pas de guides mais d’autre chose. À Oswiecim, il existe diverses institutions. Comme un centre de jeunes destinés aux jeunes Allemands et Polonais, et le centre de la prière et du dialogue. Tout est centré sur le dialogue germano-polonais. Ces centres sont ouverts à tous.
Les déportés de France, de Belgique ont été en majorité déportés ici. Pourquoi n’existe-t’il pas un centre ? L’idée d’avoir une personne juive sur le site du KL Auschwitz est envisagée par certains. Mon expérience sur le terrain me fait penser que cela n’est pas envisageable. Il faut une force de caractère pour aller tous les jours dans cet endroit. Les personnes qui y travaillent, cela m’a choqué au début, se rendent à leur travail ! Ils n’ont pas d’autres choix que de banaliser le travail qu’ils font. Peux-t’on imaginer quelqu’un de Juif banaliser la Shoah ? Le summum de l’horreur. Après une journée passée dans ces lieux, je suis brisée. Errant soit dans la ville soit dans mon appartement, comme une âme en peine. Incapable de penser, de manger, de dormir. Incapable de communiquer avec les autres.
Birkenau porte les stigmates du génocide. Endroit immense , isolé et sinistre. Chaque pierre, chaque brin d’herbes est le témoin de l’enfer. Tout est enraciné.
Lorsqu’on passe ce portail, on entre en enfer. Lieu hors du temps, de ce monde.
De la mort surgit la vie dans toute sa force, toute sa beauté.
Après une visite à Brkenau de retour dans mon appartement, des questions surgissent.
Que fais-je ici ? Mon idée de maison juive, ouverte aux dialogues, à l’échange, maison de vie, se créera-‘elle ? Seule sans aucune aide cela est impensable. Pour des raisons de sécurité évidentes, par manque de fonds.Ce qui est le plus dur à supporter sont ce manque de quelques milliers d’euro. Alors que des sommes énormes sont utilisées pour des musées. Je parle des musées qui se créent en Pologne, commémorant : « la nostalgie des Juifs ». cette nostalgie me pose problèmes. Sont-ils nostalgique de la présence des Juifs en Pologne ? Ou sont-ils nostalgique du folklore et de la cuisine juive !
Réduire la mémoire juive de façon abusive à la Shoah, au Génocide, n’est-elle pas perçue comme trop envahissante ?
Ne risques-t’on pas de lasser ?
Comment devons transmettre cette partie de l’Histoire aux jeunes générations ?
Comment protéger Birkenau d’un tourisme de masse comme c’est le cas pour Auschwitz I ?
N’est-il pas le moment de trouver une autre forme de transmission ?
Parce qu’on est isolé les questions fussent.
Un sentiment indéfini, ressemblant à une culpabilité, celui d’être la seule de ma famille en vie, surgissait régulièrement. Puisque j’étais vivante et debout, il fallait ne pas me ménager, faire « quelque chose » de cette vie. Ma présence ici me libère de ce sentiment.
Moi qui ai un jour inverser la vapeur, je garde mon optimisme légendaire. Même si parfois, je me dis : un rien et l’on sombre. Mais un tout petit rien et l’on se redresse, reprend vigueur. La vie remporte la victoire. La vie est plus forte que tout, plus forte que..la Mort.
C(heana)hantal Maas
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Même dans cette ville certaines anecdotes sont possibles.
Je me souviens d’un groupe de Canadiens, étonnés d’apprendre qu’une juive était venue s’installer. Pesant que je n’étais plus de ce monde mais..un petit fantôme de Birkenau !
Une de mes premières visite de quelques jours dans la ville, le Maire, le responsable de la région, du centre des jeunes, du Centre Juif, nous devions nous rencontrer. Cette rencontre eut lieu dans un restaurant. Je déteste les réunions dans des restaurants, parler et manger... Ne voulant pas manger, le maire à insister. Prudemment je choisis du bœuf. Un des participants, que je ne nommerais pas, c’est lever et est revenu l’air « fière de lui ». Lorsque j’ai regardé mon assiette, la viande me paraissait étrange : le bœuf s’étant transformé en..porc ! Je n’ai rien consommé. Celui qui s’était lever de table à trouver la farce excellente, pas moi !
Avant Pessa’h je suis passée au « Centre Juif d’Auschwitz », un jeune Allemand fait un service civil. Ayant ma clarinette, lui son violoncelle, nous avons joué ensemble. La symbolique était trop belle. Le directeur a fait envoyer le gardien, pour me dire comment se comporter dans une synagogue ! J’ai profité pour expliquer qu’il n’est pas interdit de jouer de la musique dans une synagogue. Expliquer pourquoi on ne joue pas d’un instrument le Chabat et jours de fêtes. Étant seule pour Pessa’h je suis passée à la synagogue (qui est un musée), et là grande surprise, le gardien qui n’avait expliqué ce qu’il est interdit et pas, faisait le grand nettoyage de la synagogue, en plein Pessa’h. Ce n’est pas le gardien mais bien le directeur qui est à l’origine de tout.
Le nombre de visiteurs, appareil de photos ou caméra qui m’ont photographié, filmé. Cela surprend la clarinette à la main, si en plus celle qui la tient en joue !
23:23
Écrit par cheana
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Depuis le début de cette semaine, grâce à l’article paru dans La Stampa, j’ai été contactée.
D’abord par deux jeunes artistes qui ont un projet dans le cadre du festival de la culture juive à Cracovie. Super sympa.
Lorsque je les regardais les écoutait, comme ceux que j’ai rencontrés les deux jours suivants : c’est cela la vraie Pologne.La Pologne qu’on doit connaître, celle des gens biens, intelligents.
Ensuite par deux journalistes de Newsweek Polska, ou un article sera aussi publié, avec des photos (moi qui déteste ça, je n’ai pas de miroirs dans mon appartement). Cela à durer cinq heures. Aujourd’hui, c’était les séances photos. Ce qui était cocasse, la vie offre des victoires, être photographié à Auschwitz et Birkenau, les visiteurs se posant des questions. J’avais envie de leur dire : parce que je une petite juive bien dans sa vie, bien dans sa tête mais surtout une authentique : Meshouguè (une peu fêlée).
Après ces photos, je suis rentrée prendre ma clarinette, me suis dirigée vers la rivière Sola. Le temps est radieux. Un monsieur très âgé m’a interpellé, demandant si j’allais jouer ?
ensuite un ami est arrivé. Il tentait de se rappeler le peu de Français qu’il avait appris pendant sa déportation.
Ni haine de ma part, pourquoi du reste, ni culpabilité de la sienne. C’est cela qui me donne envie d’être ici. Ces rencontres, ces quelques conversations. Bien sur qu’on sait que je suis juive, c’est plutôt un village qu’une ville. Tout se sait. Une juive qui y vit dans cet endroit… Je sais que j’ai des amis. La musique unit les hommes.
23:02
Écrit par cheana
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05.04.2007
Rêve
Créer une "Maison juive", lieu de rencontres, d'échanges, ressemble à un rêve fou. Malgré toute l'énergie que je déploie, rien n'avance vraiment. Bien entendu, les personnes que je contacte, rencontre, m'admire.Ils me parlent de mon courage. J'en ai marre d'entendre et de lire ces mêmes phrases.C'est un soutien réel qu'il me faut. Pour ouvrir cette maison, il faut bien une..maison! Cela paraît idiot de l'écrire. Certains me conseille, merci pour l'information, de faire un emprunt bancaire. Pourtant mon idée serait aussi utile pour tous les francophones.Les francophones, tout commes le Européens laissent la place aux...autres!Cet été je vais réfléchir si vraiment je continue à me battre seul où si je laisse ma révolte exploser.Après une visite dans ces lieux d'horreurs que furent Auschwitz et Birkenau, l'envie me prends parfois d'hurler "à la mort" et aussi de jeter tout par la fenêtre.
12:29
Écrit par cheana
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03.04.2007
L'article en polonais
15:20
Écrit par cheana
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La Stampa
15:19
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