25/01/2009

Auschwitz : libération et martyrologie polonaise

 

Il est urgent d’accorder le statut officiel « de Martyr » aux Polonais.
La martyrologie polonaise dont un exemple frappant se déroulait à Bruxelles au Parlement européen

en est une preuve de plus.
Une exposition s’est tenu pour la promotion du « Tertre

de la mémoire et de la réconciliation ». Le Maire d’Oswiecim est venu avec une délégation de 60 personnes.

Parmi ces personnes, il y avait 6 anciens prisonniers polonais. En Belgique vivent d’anciens déportés juifs. Lorsqu’on se pose la question, pourquoi doit-on faire venir de Pologne des témoins ? Qu'ont-ils

de différent avec d’autres déportés vivant dans la capitale de l’Union Européenne ? 

 Il ne faut pas oublier qu’aucun n’est chrétien Polonais. Pourtant un des témoins  vivant en Belgique est né en Pologne.

Les six anciens prisonniers polonais font partie de l’association « chrétiens d’Auschwitz ».

Suite à cette visite au Parlement Européen des habitants de la ville d’Oswiecim sont choqués de

cette obsession de la martyrologie. Ils rappellent au Maire qu’il est le Maire de la ville d’Oswiecim et non du K.L.Auschwitz.

En septembre 2008 j’ai dénoncé une situation choquante aux autorités de la ville d’Oswiecim. La vente de croix gammées et autres symboles du III Reich au marché de la ville. Ce marché se situe à côté de l’ancien cimetière juif, à 3 Km du k.L. Auschwitz. Malgré l’interdiction par la législation polonaise, cette situation existe depuis 2000. Cela fait 8 années !

Pour éviter une telle situation des plus choquantes, pour les Polonais aussi, une déclaration écrite circulera au Parlement Européen dès le 2 février 2009.
 Fin 2008 des travaux de consolidation du sol (du sous-sol) de Birkenau ont eu lieu. En effectuant  de tels travaux de préservation du site, ce sont les preuves de la Shoah qui disparaissent. Cela est d’autant plus grave  s’agissant de travaux autour des anciens crématoires.
Le danger de voir disparaître petit à petit Birkenau est bien réel. Il n’est pas impossible qu’un jour, seul le portail de Birkenau reste la seule preuve.
Peu de personnes savent qu’il ne reste que deux tiers de Birkenau.

Par contre en acceptant la conception polonaise, à savoir :  accorder à Auschwitz I

le statut du symbole de la martyrologie polonaise, nous conserverons Birkenau, symbole de la Shoah et de la Barbarie humaine. Birkenau représente la spécificité de la Shoah, et pourtant nous n’oublions pas qu’un faible pourcentage de détenus était non-juifs. Pour cela, nous parlons aussi de la Barbarie nazi.

L’extermination – la Shoah- l’anéantissement était fondé sur le secret, qui aurait eu pour finalité l’oubli. Pas de témoins donc pas d’Histoire.

Oublier est interdit, transmettre est un devoir

Pour cette raison, j’ai ouvert une « maison juive » :  lieu de rencontre, de dialogue, mais aussi une présence vigilante quant au futur de Birkenau.

Avant l’invasion nazie en Pologne, Oswiecim s’appelait en Yiddish : Oshpitzine.Un Shtel.
La population juive était de 55 %. Parce qu’un savant équilibre économique existait, les deux communautés se côtoyaient et vivaient en bonne harmonie. Aujourd’hui Oswiecim compte 43.000 habitants dont une seule est juive depuis le 8 août 2005..
En m’installant aux portes de l’enfer, victoire contre l’oubli, parfois le sentiment de redonner une étincelle de vie. Ma plus grande victoire, hommage aux victimes de la folie meurtrière, victoire contre l’oubli, la Barbarie est ma liberté d’y entrer, d’en sortir à mon gré.

N’oublions pas, la Shoah, fut un pogrom industriel. Il y eut l’avant « Shoah ». 
Des pogroms artisanaux, par milliers. 
Ensuite ce furent les ghettos.
Puis : Auschwitz- Birkenau, Treblinka, Majdanek, Sobibor, …

Le III Reich avait estimé à 11 millions, le nombre de Juifs à exterminer. IL y en eut 6 millions. 
Il y eut l’après ! d’autres pogroms, purges, assassinats en Europe de l’Est.

L’actualité récente m’a fait repenser à une réflexion d’Eugène Enescu (dramaturge roumain) : Les idéologies nous séparent. Les rêves et les angoisses sous rapprochent

explication : si pour moi il est simple de comprendre pourquoi un tel sentiment de martyr existe en POlogne, pour d'autres cela peut être mystérieux.

Il est exact que la Pologne a souffert lourdement pendant la seconde guerre mondiale. Mais le fait d'avoir un statut de martyr permet d'oublier le passé. Même aussi tout ce qui s'est déroulé après la libération des camps.

Le sentiment de culpabilité est lourd à porter, l'assumer semble encore difficile.

La Pologne n'est pas le seul pays. 

 


 

21:03 Écrit par cheana dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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