19/07/2010

Lorsque deux mondes séparés se rejoignent. partie 1

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Lorsque deux mondes séparés se rejoignent.

Festival de la Culture juive de Cracovie.

Partie 1

Retour sur l’Histoire de Kazimierz.

C’est en 1335 Casimir le Grand fonda Kazimierz, qui devit le entre de la communauté juivede Cracovie.
En 1495, le Roi Jean-Albert, réduit le périmètre d’habitation pour les Juifs à Kazimierz. Qui devint le « quartier juif ».
Au XVI siècle Kazimierz est la plus grande agglomération juive d’Europe.

Le territoire fut triplé en 1608, avec l’institution définitive de Oppidum judaeorum. La ville juive s'étendait entre les rues Miodowa, Dajwor, sw.Wawrzynca,Waska, Jozefa et place Nowy.
Kazimierz était un centre intellectuel célèbre.Une yeshiva fonctionnait depuis 1509, dirigée par le rabbin Moïse Isserles (Remuh).


La chute commença au moment de l'invasion suédoise (1655-1657) et des grandes épidémies. Kazimierz garda son statut de ville distincte jusqu’en 1800, puis a été intégrée dans Cracovie.
L’époque de la République de Cracovie et l’égalité des droits octroyés par les autorités autrichiennes en 1867 qui apportèrent une grande liberté d’établissement dans le périmètre de la ville même.
Ces libertés écartèrent Kazimierz au rang de quartier de seconde catégorie, déserté massivement par les habitants les plus aisés.Au XIX siècle Cracovie devient un centre juif important dans tous les domaines, tant parmi les Juifs orthodoxes que les hassidim et les réformateurs.
En 1939 le nombre de Juifs étaient +/- 60 mille.
Pendant la seconde Guerre mondiale, les Nazis enfermèrent les Juifs de Cracovie dans le ghetto du quartier de Podgorze.
Une tentative de reconstruction des institutions juives a eu lieu après la guerre. La synagogue fonctionna sans interruption avec son propre chantre, et des pèlerinages venaient à la sépulture de Moïse Isserles.

Mais Kazimierz tombait en ruine.
L’intérêt pour Kazimierz juive a rebondi après 1989.
Les sept grandes synagogues de Kazimierz forment le plus grand ensemble d’Europe, comparable aux monuments de Prague.

Pendant l’époque communiste, le quartier était à l’abandon.

Il était un quartier glauque et malfamé, avec beaucoup de maisons vides et déglinguées. Habitée par une population âgée et très pauvre.
Seuls la synagogue Remuh et le cimetière semblaient préservés.
Une étude commandée par la municipalité de Cracovie en 1985 avait alerté les autorités.Il a fallu attendre le début des années 1990 pour que la réhabilitation du quartier devienne une des priorités de la municipalité non-communiste
A cette époque les difficultés de combiner les impératifs patrimoniaux, la sauvegarde de la mémoire du quartier, avec la réhabilitation économique, surtout touristique.

L’objectif était de « redonner vie » et de « restaurer Kazimierz » au profit de ses habitants.

Leur plan encourageait la réhabilitation du patrimoine juif.


Ce nouvel intérêt, pour le quartier et son patrimoine a coïncidé avec l’évolution des débats sur les relations judéo-polonaises.

En Pologne, il existe deux mémoires séparées.Choc de deux mémoires essayant de se rejoindre
EN 1988, une conférence d’architectes avait lancé un appel pour sauver Kazimierz, et les autorités de la ville étaient entrées en négociation avec des fondations américaines et le congrès juif européen pour lever des fonds.

Naissance du festival de la culture juive

L’équipe élue en 1990 envisage un plan de conservation matérielle des bâtiments, dont la municipalité est le principal propriétaire, et réfléchit au potentiel touristique du quartier.
C’est alors qu’elle repère un groupe de jeunes polonais passionnés de musique et la culture juive.

Janusz Makuch est le directeur du festival de la culture juive. Est né dans la ville de Pulawy en 1960,dans une famille polonaise traditionnelle. Par hasard adolescent il entend parler de juifs.Apprend que pendant des siècles vivaient dans sa ville d’une culture différente et qu’ils avaient été assassinés.
En 1988, avec Krzystof Gierat (animait le cinéma Mikro) ils démarrent le premier festival de la culture juive à Cracovie.Sans l’intention de le continuer.
Vingt ans après les premières initiatives de revitalisation, le quartier est transfiguré.Il est devenu un des plus visités de la ville.C’est un lieu à la mode, un lieu branché tant pour ceux qui sont attirés par la culture juive que pour les artistes contemporains.
Des rues sont spécialisés dans la restauration et les bars à la mode, certains affichent un « style juif » d’autres une décoration rétro.

L’atmosphère festive et bohème attire davantage que le patrimoine et la mémoire juive.

Dans la synagogue D’Izaak Jakubiwicz rue Kupa v on y voyait des mannequins revêtus d’habits traditionnels.Il s’agissait de « culture virtuelle » fabriquée par des non-juifs

Aujourd’hui elle est redevenue une synagogue vivante grâce aux Lubavitch.
On peut y voir de vrais juifs.

La fondation judaïca- Centre de la Culture juive, située rue Meiserla a pour but de conserver l’héritage culturel des Juifs en Pologne et de lancer une activité éducatrice, restituer la Mémoire.

Le directeur Joachim Russek précise que le public polonais est la principale cible

« Nous présentons les Juifs comme faisant partie d’une société civique ouverte, pas comme des créatures exotiques.Il ajoute : une vision ethnographique n’aurait pas de sens, les Juifs ont contribué au développement de cette société polonaise et de son histoire.
Notre action complète celle du festival.
Lui, prépare le caviar qui se mange une fois par an et nous, nous faisons la soupe de tomates chaque jour ! ».

Le plus important, pour Joachim Russek et le plus difficile, c’est de bâtir une programmation pemamente, l’année durant, une succession d’activités qui aura atteint son but le jour où le mot « Juif » cessera de déborder d’émotion. Qu’il soit simplement un mot ordinaire !.
Chantal Maas

Chantal Maas

20:05 Écrit par cheana dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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