21.07.2010
Pas une personne juive vivant à Oswiecim? Faux. sauf si je suis un fantôme
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Selon certaines sources il n’y a pas une personne juive vivant à Oswiecim.
Faux.
Depuis 8 août 2006, une juive y vit. Différents articles ont été publiés dans :
La Stampa, Le Jerusalem Post, La Croix et dans d’autres medias y compris polonais.
Cheana M : Quelle idée de s’installer à Oswiecim ?
Chantal : Il faut être Meshugue, j’en conviens. Je ne me suis pas réveillée un matin en me disant : si j’allais m’installer à...Oswiecim ? C’est plus complexe que cela.
C’est la suite logique de ma petite vie
Cheana M : Héritière de la Shoah ?
Chantal : Oui mais pas seulement – si j’ose -
Une histoire juive Après la libération des camps, ce ne fut pas terminé pour certains survivants.
Ceux qui rentraient à l’Est, allaient, peu de temps après, vivrent d’autres pogroms, purges. Sans parler des biens spoliés. À leur retour, ils n’avaient plus rien. Certains leur en voulant d’être vivants.
Mon grand-père est sorti seul. Où plus exactement il est rentré seul ! Il faut par la suite victime de la FUREU des Bolcheviques.
Cheana M : Si je comprends bien : ce que les nazis avaient commencé les bolcheviques voulaient le terminer ?
Chantal : Oui ! Il y eut quelque chose d’imprévu.
Cheana M : ce qui veut dire ? Vous semblez avoir des choses à dire. Mais n’y arrivez pas...
Chantal : Oui. En parler calmement, sereinement, reste impossible. En résumé..après la seconde guerre mondiale, il restait de ma famille un grand-père et mes parents. En 1953, juste après la mort de Staline – j’ai attendu sagement avant de débarquer sur la planète-, - je suis née. En pleine époque Bolchevique. Il me semblait être née dans une grande famille. Nous étions quatre.
Après la FUREUR Bolchevique, je retai la seule. Peut-être mon père ? ?Qu’est-il advenu de lui ???
Les antisémites disent : il est devenu un membre du KGB, comme tous les Juifs. Si ce fut le cas, c’est forcé et contraint. Peut-être est-ce grâce à cela si je suis vivante et libre !
Cheana M : Prendre à bras le corps la Shoah n’est-ce pas une façon d’oublier votre propre histoire ? Vous avez té témoin ?
Chantal : Oui j’étais présente
Affronter la Shoah est une façon d’apprivoiser la suite.
Mais ce fut ma façon de rendre hommage à mon grand-père. Et à toute ma famille.
Cheana M : Comment s’est déroulée votre arrivée ?
Chantal : Il y eut une conférence sur la Shoah. Je ne voulais pas faire cette conférence. Refus et incapacité de parler de la Shoah. C’était un progrès en Roumanie (Pays. Je suis Juive hongroise de Roumanie.). Il n’était plus interdit d’en parler.
Il y a un paradoxe que je ne comprends pas. À savoir Iliescu (et son gouvernement) interdisait le sujet. Iliescu a est (étais) l’Homme de Moscou.
Durant trois mois, j’ai visionné, lu, tout ce que je trouvais sur la Shoah. À en vomir. Durant trois mois non-stop. Ensuite une pause et encore trois mois. C’est le temps qu’il m’a fallu pour arriver à prononcer certains mots sans cette haine viscérale.
La conférence s’est super bien passé. Ensuite il y eut un voyage organisé avec l’Evêque greco-catholique, où la conférence s’était déroulée- d’Oradea pour un groupe de séminariste et prêtes ici à Auschwitz, Birkenau et aussi à Wadowice.
Tout à démarrer avec cette conférence. Je suis venue à Oswiecim, je ne connais rien, ni personne. N’avait aucune idée où se situait le KL Auschwitz, Birkenau.
On a souvent la certitude qu’Auschwitz est au milieu de nulle part. Ce fut un choc – electro-choc- de découvrir cette ville ;
Il y eut la « première fois à Auschwitz et Birkenau. J’y ai fait une rencontre du III e type.
Cheana M : III e type… Ne me dites pas des néo-nazis ?
Chantal : Si ! Je pensais avoir eut une hallucination. C’était bien réel. De plus cela se passait devant le crématoire du KL Auschwitz. Ensuite après ma « première » fois à Birkenau- j’ai un texte sur cette expérience intense- lorsque je me dirigeais vers la sortie, je les ai revus (skinheads), passant le portail de Birkenau. Ma clarinette est devenue une arme pour les chasser. Ils ont disparus.
Le comportement des personnes –touristes- entrant en même temps qu’eux fut choquant. Ils détournaient les yeux. Cheana M : Choquant. Manque de courage ; Honteux.Comment entré à Birkenau en même temps que des Skinheads ??
Chantal : sans oublier que ces Skin avaient le sourire aux lèvres. Ils ne nient pas, au contraire ils sont fiers de ce qui s’est passés.
Retournée en Transylvanie, j’ai bouclé mes valises. Tout emballer.
Le 8 Août j’irai à Oswiecim avec tout le contenu de ma maison (maisonnette de 30M2) de Cluj (Koloszvar). J’avais réglé mes comptes – en partie- avec mon passé. On m’avait expulsé. J’étais dangereuse du haut de mes 4anset demi !!
J’y suis retournée- la première fois en décembre 1987), j’ai réussi à acheter cette maisonnette. Lorsque j’ai refermé définitivement la porte derrière moi, c’était au moment où je le décidais. J’avais gagné.
J’ai fait le même trajet que ma famille. Avec une différence énorme. Ils se dirigeaient vers la mort. Je me dirigeais vers la vie.
Cheana M : Vous habitez dans un immeuble construit par des juifs avant la guerre ?
Chantal : encore une belle victoire.
Même si je ne suis que locataire.
Cheana M : C’est un combat ?
Chantal : combat contre l’oubli le négationnisme. Pas seulement.
Un jour, je me trouvais devant ce fameux portail de Birkenau. Je me suis dit : non, je n’entre pas ; Je n’ai pas envie ! Lorsqu'on est juive cela n’est pas banal du tout. Je déicides de rentrer chez moi.De me faire un café... En tournant le dos à ce portail, j’ai pris conscience d’une chose essentielle. Ma grand-mère n’a pas eu cette possibilité. Avoir la liberté d’y entrer ou pas lorsqu’on est juive, c’est avoir LA VICTOIRE sur les bourreaux. Car envers et contre tout et tous je suis vivante et libre !
Cheana M : fameuse victoire ! On doit vous voir comme le symbole vivant de la Shoah ? Cela doit faire peur à certains ?
Chantal : Peut-être.Je ne suis pas et ne veut pas être le symbole de la Shoah. Mais si cela secoue certains…Je suis vivante par miracle.
J’ai affronté de face et en tête-à-tête la Shoah. Je risquais d’être broyé par elle. Ce risque, je l’ai pris. En le connaissant et avec la détermination d’^être victorieuse.
Je l’ai domptée ? Cela certains ne peuvent le tolérer. Mais être seul face à la Shoah c’est aussi être seul face à soi. On se voit tel que l’on est et non tel qu’on se l’imagine.
Cheana M : êtes-vous pieuse ?
Chantal : oui, sans cela je n’aurai pas gagné contre la Shoah. J’ai mis en péril ma foi. Elle est bien ancrée ; même si elle a vacillé, elle est là.Cela grâce à mon grand--père.
Cheana M : Une juive vivante et pieuse cela doit embêter pas mal de monde ??
Chantal :On préfère les Juifs en papier . ou de passage à la rigueur.
Il arrive – parfois- des personnes veulent voir... une espèce en voie de disparition, une sorte d’attraction... Venir voir surtout prier, célébrer les fêtes ou le Chabat , par cette "juive...
Comme si je faisais partie d’une attraction complémentaire à ce que j’appelle « Shoah Bizness ».
Cheana M : Cela fait froid dans le dos cette Shoah Bizness.
Chantal : A vomir. Je suis photographe. J’estimais indécent de photographier les camps. Ou à la limité de l’extérieur.
J’ai vu de tels comportements indécents, irrespectueux, qu’il a été nécessaire de faire un reportage. Pas sur les camps mais sur les touristes.
Des parents entrent dans le crématoire, photographient le bébé !
Je n’ai jamais réussi et n’en ai pas l’intention de rentrer dans le crématoire.
Il y a aussi les commentaires.
Une dame âgée française, s’exclamant en sortant de ce crématoire : oh, je suis déçue. Je m'attendais à mieux !
À quoi s ‘attendait-elle ?
A Birkenau des Italiens fumant devant un ancien crématoire débattant sur... Shoah ou pas Shoah ?
Il y a les groupes scolaires. On estime à plus de 80% d’adolescent qui ne voient rien de rien. Parfois jusqu’à 99%. Ils n’ont qu’une envie partir s’amuser à Cracovie.
Ou…Des commentaires à Birkenau : Oh, ce n’étaient que des Juifs !
Cheana M : Waouh.
Vous avez créé un anti-musée ?
Chantal : tout à fait. De façon inconsciente ! marre des musées de la vie juive sans Juifs.Avec des mannequins en costume traditionnel ! Nous sommes encore vivants.
Il existe une « maison juive » dont personne ne fait la promotion. Avec une vraie juive qui... vit ! Cela doit être trop ??
J’aimerais qu’il y ait une relève. Un jour, je serai trop vieille. Même si cela se fait par roulement. Mais il faut une présence juive.
Cheana M : Vous êtes optimiste et vous croyez au miracle ?
Chanta : Oui, j’y crois. La preuve, je suis vivante. Si ce n’est pas un miracle, c’est quoi ?
Cheana M : dernière question pour aujourd’hui : si quelqu’un veut vous aider, que peut-il faire ?
Chantal : m’acheter des photos. Les gens trouvent mes photos superbes, mais personne ne veut les acheter. Je n’ai pas tout compris !!! C’est mon gagne pain.
Peut-être trouver un appui fort. Une personnalité qui me soutiendrait moralement.
Cheana M : je fais circuler l’information.
Cheana Maas/Chantal Maas
Oswiecim 21/7/2010
19:23
Écrit par cheana
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20.07.2010
Lorsque deux mondes séparés se retrouvent partie2
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Lorsque deux mondes séparés se retrouvent
Partie 2
Philosémitisme
Entretien en tête-à-tête avec Chantal Maas
Cheana M : Vous parlez de deux mondes séparés se rencontrant. Se rencontrent-ils vraiment ?
Chantal : Non. Les deux mondes chrétiens et juifs se croissent un moment. De là à parler de retrouvailles… Il eut fallu qu’à une époque ces deux mondes n’en fassent qu’un. Ce ne fut pas le cas en Pologne.
Cheana M : Vous parlez du monde chrétien et Juifs ?
Chantal : Oui. Tout le monde sait qu’avant la Shoah il y avait deux mondes vivant en parallèle.
Il suffit de voir les deux mémoires. Il y a la mémoire Polonaise en parallèle avec la mémoire juive. Je parle surtout de la seconde guerre mondiale.
En 2010 les deux mémoires ne se rejoignent pas encore.
Cheana M : cela vous choque ?
Chantal : Avant de venir en Pologne je n’imaginais pas découvrir une Pologne traumatisée à ce point.
Pourquoi ? Nous devrions nous poser cette question.
Cheana M : Est-ce un traumatisme, de la jalousie envers les juifs ? Antisémitisme et philosémitisme ne sont-ils pas les deux face de la même médaille ?
Chantal : Bien sûre.
Si l’on prend certains exemple, en dehors du festival de la culture juive, comme certains musées de la vie juive…On y voit des mannequins « juifs » en habit traditionnels.
Est-ce la nostalgie de la présence juive ou…Est-ce une façon de se dire : nous n’avons plus de juifs, la preuve, nous gérons les musées, la culture juive.
Depuis plusieurs années de présence en Pologne, j’ai cru tout voir. Chaque jour je découvre autre chose.
Cheana M : Il s’agit de spoliation de la culture juive ?
Chantal : je commence à le penser. La culture juive a été spoliée non par la force mais par la ruse. Nous sommes souvent trop naïfs.
Cheana M : C’est-à-dire ?
Chantal : Beaucoup de Juifs de passage se disent : super les Non Juifs préservent notre passé, mémoire, culture.
Et si…Cela cachait autre chose. Il ne faut pas généraliser.
Mais, comment dire… .Certains se présentent physiquement comme juifs. Ils ont un pseudo style juif. Absurde. En agissant de la sorte, ils ont accès à ce monde qui leur aurait été fermer sir, nous vivions encore. Nous, j’entends les juifs polonais assassinés dans les camps et dans les ghettos.
Il faut être honnête sans la Shoah, ils ne seraient pas des pseudos juifs !
Le plus incroyable est le fait qu’ils sont payés par... des Juifs !
Cheana M : Avez-vous vu, entendue certaine chose qui vous on mise en colère ?
Chantal : OUI. Il y a en premier ce qu’il faut bien appeler par : Shoah Bizness. L’art de faire du Bizness sur le dos de la Shoah de la part de non juifs ; Comme des tours operators. Mais aussi ces faux restos juifs.
Ou encore certains responsables de centre juif, n’estimant pas important de ne pas manger de porc dans un lieu dit juif. Oseraient-ils le faire avec des musulmans ?
Faire des commentaires en se moquant des juifs pratiquant et respectant la Kachrout.
Je pense qu’il n’y a qu’en Pologne qu’on ose ouvrir une Aron hakodesh pour montrer aux touristes ce qu’est un Sefer Torah. Ô ouvrir une Arche Sainte dans une église catholique ?
Cheana M : Horrible ce manque de respect.Etes-vous respectée en tant que juive ? Ne pas dérangez-vous, juste un peu ?
Chantal : Inadmissible ce manque de respect. N’oublions pas que cela se fait sur le dos de la Shoah. Quant à ma présence, il est un fait établi, j dérange, je perturbe. D’autant plus que je suis photographe (ancienne journaliste d’une presse d’opposition en Roumanie). Je ne pense pas être une folle hystérique. Donc je dois avoir une certaine crédibilité.
Même certains personnages me trouve dérangeante. Par exemple le maire de la ville d’Oswiecim. Qui à essayer de faire de moi, sa juive de cour ; Comme cela ne marche pas… Il me présente comme une juive extrémiste (cela veut dire vraie juive).
Il y a en Pologne comme dans d’autres pays, des Chrétiens messianiques qui se déclarent juifs messianiques. Ici dans la ville, ils sont représentés. Le maire déclare haut et fort qu’il y a une église juive très active !La dernière fois qu’il en a parlé c’était à un Juif de Jérusalem au moment précis où il mettait les pieds dans la synagogue ! Vous imaginez la tête de ce Juif qui pouvait être un rabbin !
Cheana M : pourquoi n’avez-vous pas pu créer votre maison juive dans la maison de Szigmond Kruger ?
Chantal : j’ai fait la demande. Elle a été refusée. L’excuse étant qu’elle servirait de musée de la vie juive.
Oui on préfère un musée avec des juifs en carton plutôt qu’une vraie maison juive avec une juive vivante.
En parlant de Szigmond Kruger qui est revenu vivre dans la maison de ses parents assassinés à Birkenau, j’y suis entrée, il y a environ quatre années. Il y avait encore ses affaires. Son jeu de cartes était encore sur sa table. Il n’a eu droit à aucun respect. Maintenant elle pourri. Le centre juif veut en faire un pub, quelque chose dans ce genre ! Surtout pas Kosher. Il faudrait une vraie présence juive.
Cheana M : Vous avez fait une série de photos sur le comportement des touristes ?
Chantal : Oui, je compte en faire une exposition virtuelle. Le sujet est délicat et personne ne veut accepter une exposition.
Cheana M : On ne vous a jamais proposé une exposition à Cracovie ? OU ici ?
Chantal : les seules qui sont intéressées sont en dehors de ce contexte « Shoah Bizness ». Qui est le centre du dialogue et de la prière.Ce sont des prêtres catholiques qui dirigent le centre. Ils sont super. Ce sont les seuls.
Cheana M : En collaborant avec eux vous faites un travail interreligieux.
Chantal : Oui. Cela portera plus de fruits. Cela est assez logique car entre personnes de foi…
Cheana M : Ah, ce sont les Juifs croyants qui ne sont pas appréciés ? C’est ce monde fermé qui leur était interdits !
Que pensez-vous, pour clôturer notre tête-à-tête, du Tertre de la mémoire et de la réconciliation. Projet du Maire ?
Chantal : si toute initiative pour la tolérance doit être soutenue, ce Tertre est projet mégalo à dénoncer. Il serait placer entre le KL Auschwitz et Birkenau. Sa hauteur équivaudrait ç un immeuble de 18 étages ! Quel but a le maire Janusz Marszalek ? Faire une concurrence directe aux camps.
Je termine en disant, soyons vigilants. Si nous ne prenons pas garde, nous risquons de perdre Birkenau. Il ne resterait que le portail. Le danger est réel. Le directeur actuel, avec lequel j’ai eu une rencontre, peut être remplacé par un autre. Faisons une différence entre KL Auschwitz, qui était le camp de concentration, qui est le symbole polonais de la martyrologie polonaise. D’avec Birkenau, camp d’extermination, symbole de la Shoah
Cheana et Chantal Maas
20:53
Écrit par cheana
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19.07.2010
Lorsque deux mondes séparés se rejoignent. partie 1
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Lorsque deux mondes séparés se rejoignent.
Festival de la Culture juive de Cracovie.
Partie 1
Retour sur l’Histoire de Kazimierz.
C’est en 1335 Casimir le Grand fonda Kazimierz, qui devit le entre de la communauté juivede Cracovie.
En 1495, le Roi Jean-Albert, réduit le périmètre d’habitation pour les Juifs à Kazimierz. Qui devint le « quartier juif ».
Au XVI siècle Kazimierz est la plus grande agglomération juive d’Europe.
Le territoire fut triplé en 1608, avec l’institution définitive de Oppidum judaeorum. La ville juive s'étendait entre les rues Miodowa, Dajwor, sw.Wawrzynca,Waska, Jozefa et place Nowy.
Kazimierz était un centre intellectuel célèbre.Une yeshiva fonctionnait depuis 1509, dirigée par le rabbin Moïse Isserles (Remuh).
La chute commença au moment de l'invasion suédoise (1655-1657) et des grandes épidémies. Kazimierz garda son statut de ville distincte jusqu’en 1800, puis a été intégrée dans Cracovie.
L’époque de la République de Cracovie et l’égalité des droits octroyés par les autorités autrichiennes en 1867 qui apportèrent une grande liberté d’établissement dans le périmètre de la ville même.
Ces libertés écartèrent Kazimierz au rang de quartier de seconde catégorie, déserté massivement par les habitants les plus aisés.Au XIX siècle Cracovie devient un centre juif important dans tous les domaines, tant parmi les Juifs orthodoxes que les hassidim et les réformateurs.
En 1939 le nombre de Juifs étaient +/- 60 mille.
Pendant la seconde Guerre mondiale, les Nazis enfermèrent les Juifs de Cracovie dans le ghetto du quartier de Podgorze.
Une tentative de reconstruction des institutions juives a eu lieu après la guerre. La synagogue fonctionna sans interruption avec son propre chantre, et des pèlerinages venaient à la sépulture de Moïse Isserles.
Mais Kazimierz tombait en ruine.
L’intérêt pour Kazimierz juive a rebondi après 1989.
Les sept grandes synagogues de Kazimierz forment le plus grand ensemble d’Europe, comparable aux monuments de Prague.
Pendant l’époque communiste, le quartier était à l’abandon.
Il était un quartier glauque et malfamé, avec beaucoup de maisons vides et déglinguées. Habitée par une population âgée et très pauvre.
Seuls la synagogue Remuh et le cimetière semblaient préservés.
Une étude commandée par la municipalité de Cracovie en 1985 avait alerté les autorités.Il a fallu attendre le début des années 1990 pour que la réhabilitation du quartier devienne une des priorités de la municipalité non-communiste
A cette époque les difficultés de combiner les impératifs patrimoniaux, la sauvegarde de la mémoire du quartier, avec la réhabilitation économique, surtout touristique.
L’objectif était de « redonner vie » et de « restaurer Kazimierz » au profit de ses habitants.
Leur plan encourageait la réhabilitation du patrimoine juif.
Ce nouvel intérêt, pour le quartier et son patrimoine a coïncidé avec l’évolution des débats sur les relations judéo-polonaises.
En Pologne, il existe deux mémoires séparées.Choc de deux mémoires essayant de se rejoindre
EN 1988, une conférence d’architectes avait lancé un appel pour sauver Kazimierz, et les autorités de la ville étaient entrées en négociation avec des fondations américaines et le congrès juif européen pour lever des fonds.
Naissance du festival de la culture juive
L’équipe élue en 1990 envisage un plan de conservation matérielle des bâtiments, dont la municipalité est le principal propriétaire, et réfléchit au potentiel touristique du quartier.
C’est alors qu’elle repère un groupe de jeunes polonais passionnés de musique et la culture juive.
Janusz Makuch est le directeur du festival de la culture juive. Est né dans la ville de Pulawy en 1960,dans une famille polonaise traditionnelle. Par hasard adolescent il entend parler de juifs.Apprend que pendant des siècles vivaient dans sa ville d’une culture différente et qu’ils avaient été assassinés.
En 1988, avec Krzystof Gierat (animait le cinéma Mikro) ils démarrent le premier festival de la culture juive à Cracovie.Sans l’intention de le continuer.
Vingt ans après les premières initiatives de revitalisation, le quartier est transfiguré.Il est devenu un des plus visités de la ville.C’est un lieu à la mode, un lieu branché tant pour ceux qui sont attirés par la culture juive que pour les artistes contemporains.
Des rues sont spécialisés dans la restauration et les bars à la mode, certains affichent un « style juif » d’autres une décoration rétro.
L’atmosphère festive et bohème attire davantage que le patrimoine et la mémoire juive.
Dans la synagogue D’Izaak Jakubiwicz rue Kupa v on y voyait des mannequins revêtus d’habits traditionnels.Il s’agissait de « culture virtuelle » fabriquée par des non-juifs
Aujourd’hui elle est redevenue une synagogue vivante grâce aux Lubavitch.
On peut y voir de vrais juifs.
La fondation judaïca- Centre de la Culture juive, située rue Meiserla a pour but de conserver l’héritage culturel des Juifs en Pologne et de lancer une activité éducatrice, restituer la Mémoire.
Le directeur Joachim Russek précise que le public polonais est la principale cible
« Nous présentons les Juifs comme faisant partie d’une société civique ouverte, pas comme des créatures exotiques.Il ajoute : une vision ethnographique n’aurait pas de sens, les Juifs ont contribué au développement de cette société polonaise et de son histoire.
Notre action complète celle du festival.
Lui, prépare le caviar qui se mange une fois par an et nous, nous faisons la soupe de tomates chaque jour ! ».
Le plus important, pour Joachim Russek et le plus difficile, c’est de bâtir une programmation pemamente, l’année durant, une succession d’activités qui aura atteint son but le jour où le mot « Juif » cessera de déborder d’émotion. Qu’il soit simplement un mot ordinaire !.
Chantal Maas
Chantal Maas
20:05
Écrit par cheana
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06.07.2010
Rubrique "Histoire Antisémitisme
Chaque semaine dans la Rubrique Histoire" vous pouvez lire mes artcilesVoici un des derniershttp://www.davidtrauttman.com/2009/10/changer-de-nom.htmlun autrehttp://www.davidtrauttman.com/2009/09/un-jour-de-repit.html
14:57
Écrit par cheana
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Regard respectueux envers cette ville
Trop souvent la ville d'Oswiecim reste associée à ce noir passé.lUn regard plus contemporain.http://web.me.com/chantalmaas/Oswiecim/Présentation.html
14:42
Écrit par cheana
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