01/09/2010

Ces belles histoires dont trop peu connaissent le récit.

Avant de conter une très belle et tendre histoire
Il me faut vous situer la ville de Pinczow.
Située entre Cracovie et Kielce, joliment située dans la région de Swietorkrzyskie. (Région de Sainte Croix)· Les Juifs y arrivèrent avant 1576. La famille Myszkowski, propriétaire de la ville, faisait venir des colons des villes royales qui avaient introduit la loi de « non tolerandis judaeis. Conformément à l'attente de leurs patrons, les Juifs, qui s’occupaient de commerce, d’artisanat et de services, contribuèrent à la dynamique économique.
Les marchandises de Pinczow étaient exportés. La population juive dépassait 60%, la ville étant ainsi promue au rang de centre principal des Juifs en Petite Pologne (Malopolskie), et elle gardait avec Kazimierz de Cracovie des liens familiaux et commerciaux.
Le XIX é siècle apporta l’essor de l’industrie et l’apparition de l’usine de drap de Rosenberg, de l’usine de cotonnades et de la teinturerie de Berenstein. L’imprimerie et la librairie se développèrent.
Avant la guerre Pinczow était une ville vivante et bruyante.
Les rues Klasztorna,Zlota, Krakowska, Krzywa et Slabska étaient considérées comme juives. Les terrains autour du marché appartenaient aux Juifs. Il y avait un théâtre d’amateurs et des clubs sportifs.
Au conseil municipal on y comptait 15 Polonais (chrétiens) et 15 Juifs.
Shapsia Rapaport ( 1888-1942) fut le dernier rabbin de Pinczow.
Elie de Pinczow ( 1710-1770) est l’un des Juifs les plus célèbres de la ville. Il acquit un grand renom comme médecin, sa vraie passion était les mathématiques.
Il publia à Zolkiew un traité de mathématiques, et à Berlin, en 1760, un manuel scolaire de géométrie.
Kasztanski, Herszkowicz (propriétaire d’une brasserie sur la grand place) sont des personnages célèbres.
Ce monde des Juifs de Pinczow est pérénnisé dans un certain nombre d’adages. Comme les Juifs y étaient très nombreux, une grande foule se disait « autant que des Juifs de Pinczow. Les Juifs produisaient un fameux fromage (des fromages pas mal, dits de Pinczow), d’où « salé comme le fromage de Pinczow ». selon certains, le fromage mûrissait sur les toits et émanait une luminescence singulière, ce qui a donné naissance au « il fait jour à Pinczow ».
LA SYNAGOGUE Stara (vieille)
La synagogue de Pinczow, renaissance tardive remonte au tournant des XVIe et XVIIe siècle. Les inscriptions découvertes pendant les travaux de restauration permettent d’admettre qu’elle fut fondée en 1594, et que sa construction se termina en 1608/1609.
Les nazis détruisirent l’intérieur. Après la guerre, le bâtiment servit d’entrepôt d’engrain artificiel et de magasins.
L’Aron Hakodesh s’est détachée de la paroi, en tombant en 1974.

Une restauration , une renaissance ?
Ici commence la très et tendre histoire d’Abraham de Pinczow
La première fois que j’avais la joie et la fierté de rencontrer Abraham, cela se passait dans un bâtiment moderne, froid d’aspect du Parlement européen. Une petite voix parlant le yiddish... Ce fut ma première rencontre avec Abraham et Sarah.
Un jour je leur rendit visite. Avec la promesse d’informer à tous ceux que je croiserais sur le combat d’Abraham.
Sarah et Abraham vivent à Bruxelles.
Tous deux survivants de la fureur nazie. Sarah fut une enfant cachée en Belgique
Abraham est né à Pinczow.Pinczow, son village natal, décimé par l’horreur et la fureur nazie à Treblinka.
Peu probable qu’ils se rencontrent un jour.
Si vous demandez à Abraham pourquoi il s’est rendu à Bruxelles, il vous répondra : pour y retrouver ma Sarah.
Survivants de la Shoah ils ont créé une jolie famille.
Ce sera en 1992, qu’Abraham retournera pour la toute première fois à Pinczow accompagné de son fils, désirant voir le Shtetel de son père.
Lorsque Abraham voit l’état dans lequel se trouve la synagogue, il entamera dès son retour , une action internationale pour la rénovation de la synagogue en musée dédié à la mémoire des victimes juives de Pinczow.
après quatorze années de persévérance, en juin 2006, en présence des autorités locales, de Juifs venus du monde entier, des journalistes, un office de Shabbat est célébré dans la synagogue de Pincow.
Abraham avec son fils une vidéo raconte ce combat contre l’oubli d’une vie juive riche à Pinczow.
Miriam Hoffmann (écrivain dramaturge) a une rubrique dans « Forward » de New York a publié un article qu sujet du documentaire vidéo « Le jour ne se lève plus à Pinczow ».
Miriam Hoffmann l’a titré : deuil de Pinczow
Extrait de l’article :
«
« Pourquoi Pinczow ? – car un juif nommé Abraham Potezman de Belgique m’a envoyé un documentaire vidéo qui a comme titre « Le jour ne se lève plus à Pinczow », accompagné d’un long récit, photos et articles au sujet de la visite qu’il a faite à son village natal en Pologne, Pinczow.
Pourquoi cette vidéo est-elle différente d’autres vidéos qui sont produites par centaines ?
Je vais vous le dire : Abraham Potezman est né en 1922 à Pinczow. Durant toutes les années d’après-guerre, il ne s’est pas assimilé. Il n’a pas abordé ce projet de film tel un professionnel de la technique, n’a pas requis de personnes étrangères qui ne comprennent pas ce qui se passe dans le cœur d’un survivant de la Shoah ; un technicien étranger ne peut pas connaître les dizaines d’institutions qui ont existé à Pinczow où plus de la moitié des habitants étaient juifs.La famille Potezman a rassemblé des documents sur l’histoire de Pinczow avec toutes ses instituions culturelles, cercle dramatique, bibliothèque, les premiers pionniers sionistes, Betar, Hashomer Hatzaïr, Keren Hayessod, écoles, théâtres, bains rituels, marchés, tout cela a été réalisé par les habitants de Pinczow durant des centaines d’années.
Sur l’écran défilent les noms des morts sans pierres tombales.Un proverbe dit que « le jour se lève sur Pinczow » bien avant d’autres endroits, c e qui voulait dire qu’il était temps de se mettre à l’ouvrage.Lorsque la guerre a été déclarée, personne n’était prêt à ce désastre, ni à Pinczow, ni dans les autres villages polonais. Presque toute la population juive a été anéantie, on a pris leurs biens, incendié les synagogues, détruit les lieux saints.
ceux qui par chance sont restés en vie, désirent revoir l’endroit où ils sont nés, ont grandi, été au Cheder, prié à la synagogue, joué à la balle et rêvé à un meilleur futur.
Abraham Potezman m’écrit : « Grâce à l’insistance de mon fils, nous sommes allés à Pinczow.Le conservateur du musée local, Jan Gorecki, avait la clé de la vieille synagogue de Pinczow. Voyant le désastre à l’intérieur de celle-ci, j’ai senti que je devais agir. Mais quoi faire ? Je n’en avais aucune idée. En bref, Jan Gorecki a surgi comme un sauveur. Il y a 62 ans, nous fréquentions la même école, étions dans la même classe et il m’a offert d’importantes photos de personnalités juives d’avant-guerre et d’autres documents. Il m’a confié que la synagogue appartenait à la ville de Kielce car classée comme monument historique.
La réalisation de ce documentaire m’a pris 3 ans, en collaboration avec mon épouse Sarah et mon fils Gerszon. Ce film vidéo est imprégné de Yiddish, par la musique et chants qui l’accompagnent.Il me faut ajouter que c’est un film dédié à la mémoire, et ainsi pouvoir se souvenir des victimes, des lieux saints, et donner aux morts leurs derniers repos. »`Madame Hoffmann ajoute : » Regardant cette cassette vidéo pour la deuxième fois, je me suis mise à pleurer. Je n’ai pu me retenir ? J’ai compris que c’était un vrai documentaire yiddish, fait par un survivant de la Shoah, avec la parole et la chanson juive, avec des yeux de juifs, et où l’on comprend cette immense perte du judaïsme. Je suis étonnée que la famille Potezman ait eu le souci de chaque détail, et c’est ceci qui fait la différence, cette famille juive dévouée corps et âme. »
À Pinczow, les boulangers juifs ne feront plus de halloth pour Shabbat, de matzot pour Pessa’h, le bedeau n’appela plus les juifs pour aller à la synagogue.Les enfants n’iront plus au cheder .Les jeunes ne rêveront plus d’un monde meilleur car il ne reste rien du Shtetel de Pinczow..juste un film vidéo
«
Dans les livres publiés en Pologne, sur les Juifs de Pologne, si la restauration de la synagogue y est mentionné, le nom d’Abraham et Sarah Potezman n’y est pas mentionné.
Le centre juif d’Auschwitz, y emmène des visiteurs sans mentionner la très belle histoire de cette restauration. Le combat d’Abraham.
Je ferai comme je l’ai promis à Abraham et Sarah encore et encore des copies de ce film.

12:10 Écrit par cheana | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.