09/01/2011

Tarnow ghetto

Tout le monde a entendu parler du ghetto de Varsovie . Il a exister une longue listes d’autres ghetto, plus petits.
Tarnow est une ville de Galicie en Pologne méridionale, située à 70 kilomètres à l'est de Cracovie. Avant la guerre environ 25.000 Juifs vivent à Tarnow, soit environ 50% de la population de la ville. Quand les Allemands bombardent Tarnow pour la première fois le 3 septembre 1939, de nombreux Juifs partent vers l’est, alors qu'affluent de nombreux réfugiés d’autres régions de la Pologne. Les Allemands occupent Tarnow le 8 septembre 1939 et commencent immédiatement à confisquer les biens des Juifs et à arrêter des hommes dans la rue pour le travail forcé. Le 9 novembre les synagogues et maisons de prière de Tarnow sont incendiées ; elles seront démolies plus tard. Le même mois un Judenrat est créé, qui sera remplacé à la Paque 1940 par un autre Judenrat. Le 18 décembre 1939 Tarnow les juifs sont obligés de porter un insigne spécial et de remettre leurs objets de valeur, bijoux et devises étrangères sous peine de mort.
Le premier convoi de déportés polonais pour Auschwitz part du vieux bâtiment de la mikveh (bain rituel juif) de rue de Boznic de Tarnow le 14 juin 1940. Ces 728 prisonniers (708 Polonais et 20 Juifs polonais) de la « Deutsche Strafanstalt » (prison) sont les premiers déportés d’Auschwitz. Ils sont tatoués avec les numéros 31 à 758. (Les numéros 1 à 30 ont été attribués aux prisonniers allemands amenés par Höss et son personnel pour aménager le Stammlager).
L'établissement d'un ghetto à Tarnow est décidé en mars 1941. Le ghetto reste ouvert pendant 3 mois. Début juin des Juifs de la région environnante sont amenés à Tarnow, et la population du ghetto atteint 40.000 personnes. Rapidement, la famine règne dans le ghetto.
La première « aktion » contre les Juifs de Tarnow a lieu en juin 1942. Le HSSP Obergruppenführer pour le Gouvernement Général F.W. Krüger visite Tarnow et donne ses instructions aux autorités locales de la Sipo sur les prochaines opérations. Le 9 juin les Juifs sont avertis par proclamation de se rassembler le lendemain sur la place Kaplanowka pour l'enregistrement. Les Juifs présentant des papiers prouvant qu’ils travaillent pour l’industrie de guerre sont listés et leurs papiers estampillés du signe « SD ». Les papiers des autres sont tamponnés de la lettre « K ». Lorsque les Allemands arrivent au Judenrat pour récupérer les listes des Juifs destinés à la déportation, Paul Reiss, président du Judenrat, déclare qu’il sera le premier à partir. Il est abattu sur place. D’autres membres du Judenrat sont également abattus.
En raison de l'énorme tâche que représente la première « Aktion », les services de sécurité font appel à l'aide de la police locale et régionale, à une compagnie de Waffen-SS commandée par le SS-Hauptsturmführer Klienow, postée au camp de formation de Debica, au Sonderdienst (service spécial), au Baudienst (pionniers polonais) et à plusieurs employés de la bourse du travail de Tarnow.
Le matin du 11 juin, après un discours du commandant de la police criminelle Klee, les SS et les membres du Baudienst, passablement imbibés d’alcool et armés de haches, font sauter les portes verrouillées des maisons juives. Des juifs, avec les papiers « K » ou sans papiers sont extraits des maisons ou massacrés sur place. De nombreux enfants sont littéralement fracassés contre les murs ou les trottoirs. Des groupes de juifs sont traînés dans une forêt voisine et massacrés à la mitrailleuse ; d'autres sont fusillés près de la barrière du cimetière juif ; plusieurs centaines sont étouffés à la vapeur dans l'établissement de bain près de l'école Czacki. Pendant cette « Aktion » 7.000 juifs sont massacrés à Tarnow même et dans la forêt de Buczyna près de Zbylitowska Gora, où ils sont enterrés dans de grandes fosses. Tandis que ces événements ont lieu, 11.500 autres juifs sont menés à la gare, chargés dans des wagons et envoyés dans les chambres de gaz de Belzec…
Le 20 juin 1942 les juifs restant à Tarnow sont enfermés dans une section spéciale du ghetto clôturée par une palissade en bois de 2m de haut complétée avec du barbelé. On leur interdit de quitter le ghetto sans permission. D'autres juifs sont enfermés dans l’autre partie du ghetto. Les 24 et 25 juillet ces Juifs sont expulsés hors de leurs maisons. Ils doivent ôter leurs chaussures et sont conduits pieds nus sous les coups de crosses de fusils et de fouets sur la place du marché. Des enfants sont séparés de leurs parents et tués par balle dans un hangar voisin. Quelques Juifs sont sélectionnés pour le travail forcé et les autres envoyés à Belzec. Cette deuxième « Aktion » est menée sous les ordres directs de F.W. Krüger. Elle vise principalement les vieux, les malade, les « inaptes au travail », les femmes et les enfants. Elle est également connue sous le nom de « Kinderaktion » en raison du grand nombre d'enfants qui y sont tués.
Le matin du 10 septembre 1942, à 7 heures, tous les Juifs restant de Tarnow, soit environ 10 000 personnes doivent se rassembler sur le Magdeburger Platz, la place principale du ghetto. Cette opération est une répétition de la première « Aktion ». Elle est commandée par le chef de la Gestapo Palten. Les Juifs sont sélectionnés soit pour le travail, soit pour la déportation. Des actes de brutalité accompagnent la sélection : les juifs sont obligés à rester à genoux des heures durant, d’autres sont exécutés sans aucune raison apparente. Les officiers SS Oppermann et Libor se montrent particulièrement sadiques. Les épouses et les enfants des Juifs choisis pour le travail et la vie ne sont pas épargnés : ils sont été brutalement emmenés par la Gestapo et chargés sur des camions. Des parents qui refusent de se séparer de leurs enfants sont exécutés sur place. Un transporteur de Tarnow est réquisitionné pour conduire plusieurs centaines de vieux et de malades au cimetière, où les victimes sont obligées de se déshabiller et sont ensuite exécutées. Les Juifs choisis pour la déportation sont menés du ghetto aux casernes situées près de la gare et y sont enfermés. La sélection se poursuit pendant deux jours encore. L' « Aktion » s’achève le 12 septembre 1942, et les Juifs enfermés dans les casernes sont conduits à la gare, chargés dans des wagons à bestiaux et envoyés à Belzec, où ils sont tous gazés. Le nombre de Juifs expulsés ou tués dans la ville et au cimetière est estimé à 10.000.
En octobre 1942 le ghetto est divisé en deux parties. La section A devient un camp de travail obligatoire « Zwangsarbeitslager Tarnow » avec les quartiers séparés pour hommes et femmes. Son commandant est le SS-Hauptsturmführer Blacher. La section B renferme tous les Juifs qui ne travaillent pas et les travailleurs Juifs avec des familles nombreuses. Son commandant est le SS-Oberscharführer Grunoff. On ne permet pas aux Juifs de se déplacer d'un ghetto à l'autre.
Le 15 novembre 1942 un autre « Aktion » a eu lieu à Tarnow, encore sous la responsabilité du SS-Hauptsturmführer Palten. Beaucoup d'habitants du ghetto B décident de se cacher dans les abris, les caves et d'autres caches. Alors que le ghetto A est au travail, les Juifs du ghetto B sont convoqués au Magdeburger Platz, où ils doivent laisser tous leurs objets de valeur. Ils sont ensuite obligés de se mettre à genoux tandis que les officiers de la Gestapo Palten, Rommelmann, Grunow, Jeck, Oppermann, Gaa et Libor vérifient leurs documents. L'officier Gaa se rend avec le chef de la police juive, Bienenstock, à l'atelier du tailleur Lauer, où plusieurs juifs travaillent. Il y arrête David Fromowicz et son épouse Chaja et les amène sur la place… Vers midi les 2.500 juifs choisis sont alignés par colonnes en ordre de marche et se rendent sou bonne garde à la gare, où ils sont « chargés » dans des wagons de marchandises fermés avec du fil de fer. Le train part de Tarnow vers 18h, s'arrête à Rzeszow où d'autres wagons pleins de Juifs sont couplés au convoi. À minuit il quitte Rzeszow et part pour Belzec via Rawa Ruska. Près de Rawa Ruska, David et Chaja Fromowicz parviennent avec d'autres Juifs à s’extraire des wagons par les trous d’aération et sautent du train. Ils reviennent à Tarnow.
Début janvier 1943 le SS-Oberscharführer Blache assure le commandement du ghetto. Il se rend célèbre en s’appropriant pour son compte de nombreux biens volés aux Juifs. Cet assassin n’hésite pas à associer à ses meurtres son fils de 16 ans. Ainsi le 11 juin 1942 il assassine en compagnie de son fils Gerhard un vieillard juif devant les membres de sa famille, les Blauner…
En été 1943 il reste environ 9.000 juifs dans les sections A et B du ghetto de Tarnow.
Mi août 1943 se tient une conférence à Cracovie dans le bureau du SS-Obergruppenführer Wilhelm Koppe, qui avait remplacé F.W.Krüger comme HSSPF pour le Gouvernement Général. Le SS-Oberführer Scherner préside la conférence. On lui annonce qu'un quatrième « Aktion » est prévue début septembre pour liquider le ghetto. Scherner nomme responsable de cette liquidation le SS-Hauptsturmführer Amon Léopold Göth, le « liquidateur » des ghettos de Lublin, Rzeszow, Bochnia, Przemysl, Cracovie et du camp de Szebnie. Fin août, une autre conférence met au point les détails de la liquidation. 200 hommes et 100 femmes resteront dans le ghetto pour l’assainir et le nettoyer. 2.000 juifs de l'usine d'habillement Madritsch seront transférés à Plaszow. Les 6.000 autres auront droit au « traitement spécial » à Auschwitz-Birkenau.
Au matin du 3 septembre 1943, les SS, les SD et les autres forces de police cernent le ghetto. Les Juifs travaillants du ghetto A se préparent à partir comme à n'importe quel autre jour, mais sont amenés avec les Juifs du le ghetto B sur le Magdeburger Platz. Le Kommando juif d’assainissement est organisé et emmené au fond de l’usine Singer. Une garde est placée à l'entrée de l’usine pour empêcher les Juifs choisis pour la déportation de s’y réfugier. Suit une sélection parmi les Juifs du ghetto A, et les sélectionnés sont envoyés dans le camp de travail de Cracovie-Plaszow.
Beaucoup réalisent que les Juifs de l’usine Singer ne sont pas prévus pour la déportation immédiate et tentent de les rejoindre, ce que Göth a prévu. Avec quelques SS il charge à coups de matraque, de fouets, mais aussi de pistolet. Les Juifs trop lents sont abattus. Il s’acharne tant sur une femme nommée Zimmermann qu’elle reste étendue sur le sol, morte. De nombreux Juifs son exécutés et leurs corps parsèment la place. D’autres Juifs qui se cachent dans leurs maisons sont massacrés sur place.
Dans la même après-midi, les Juifs sont menés par le Magdeburger Platz à la gare et chargés à destination d’Auschwitz dans des wagons de marchandise, à raison de 160 par wagon, dont les trous d’aération ont été bouchés avec des planches clouées. Beaucoup de Juifs meurent de suffocation lors du trajet, en raison du manque d’air. Environ 50 Juifs qui avaient tenté de passer de petits enfants en « contrebande » avec eux hors du ghetto dans des sacs à dos sont retirés du convoi, mis à part et reconduits en camion au ghetto : là, Göth et quelques uns de ses hommes les éliminent tous à l’arme à feu.
Le 18 janvier 1945 l'armée soviétique entre dans la ville qui vient d’être déclarée par les nazis « Judenfrei », « vide de tout juif »…

Tarnow contrairement à Cracovie ou d’autres villes tristement célèbres sont visitées régulièrement, cette petite ville reste oubliée. Les pierres continuent de hurler. La souffrance y est palpable.
A suivre : témoignage

20:40 Écrit par cheana | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

ma mère chaja blime silberman épouse rosner est originaire de tarnow.
elle est arrivée à paris en 1937
elle a perdu à tarnow ses parents , une soeur et 2 frères.
elle aura 103 ans le 03/06
amitiés

Écrit par : rosner daniel | 25/04/2013

Que votre maman vive jusqu'à 120 ans et plus
Avec toute ma tendresse et mon respect

Écrit par : cm | 25/04/2013

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