05/02/2018

mise au point

Les commentaires circulant sur les réseaux sociaux concernant la Pologne prouvent qu’il y a une méconnaissance profonde de l’Histoire.
Il faut toujours remettre dans le contexte de l’époque. Ce qui n’est jamais fait.
Accuser les Polonais de tous les pogroms est une preuve que l’Histoire de la Pologne n’est pas connue. Ou pire refusée.
Les écrits de certains écrivains juifs parlent clairement des pogroms perpétrés par des cosaques.
Un autre élément doit être tenu en compte par des Historiens c’est la mentalité de l’époque.
La Pologne est une société fermée, les communautés juives repliées sur elle-même.
Ajouter à cela le grand principe qui est : diviser pour mieux régner.
Tant les grands propriétaire terriens et certains aristocrates utilisaient ce principe.
Manipuler des populations d’esclaves contre une autre partie de la population est une tradition. Cela permettait de conserver son Pouvoir absolu.
A certaines époques la Pologne actuelle n’existait pas en tant que telle.
Il faut relire le livre d’Isaac Bashevis Singer : Shosha. Les Juifs polonais savaient qu’il y aurait la terreur. Ils sont restés. D’autres ont compris et sont partis vers l’Est. Ceux qui ont acceptés de passer la frontière vers l’Urss venaient d’une société plus ouverte.
Le juif comme tout humain est à l’image du pas dans lequel il vit.
S’il y eut et s’il y a moins de tensions en Roumanie cela vient du fait qu’il s’agit ‘une société ouverte ; Donc aussi ouverte à l’autre.
L’Autre est l’étranger, celui qui est étrange et qui fait peur.
Dès les premiers jours de mon installation dans la ville d’Oswiecim, j’ai ouvert ma porte. Un geste simple. Pourtant vital.
Lorsque j’ai quitter, par manque de moyens financiers, il m’a été dit : vous faisiez partie de la ville.
Pour les nazis faut-il le rappeler, les Polonais étaient des sous-hommes.
Qu’aurais-je fait si j’étais née polonaise et vivant à cette époque ? Aurais-je été comme certains un héros ? Ou aurais-je fait comme d ‘autres, par peur, ne rien faire. Tenter de survivre. Protégés les miens ?
Les camps étaient tous gérés par des nazis. Contrairement à la France, la Belgique et d’autres pays les arrestations étaient effectuées par les nazis non par des polonais.
Ce n’étaient pas les collaborateurs polonais des nazis qui arrêtaient et déportaient. Les nazis avaient la haine des « polak ».
Après la libération des camps le retour des juifs a posés un sérieux problème et cela partout. Personne n’avait envie de revoir les Juifs.
Il y a eut ces horreurs dans deux localités. C’est un fait.
Pourquoi encore aujourd’hui ne reconnais t’on pas la « martyrologie » polonaise ?
Le traumatisme de cette période est encore profond.
Me revient en mémoire une scène vécue à Oswiecim. Un dimanche après-midi ont débarqués des skinheads avec chiens. Le réflexe de tous fut de se réfugier dans la superette ouverte. Tous se sont réfugiés dans le fond du magasin au rayon des yogourts.
Le traumatisme est transmit de génération en génération. Le temps passant elle s’amplifie.
Lors d’une conférence sur la Shoah, dont mon thème central était la libération des camps, une question m’a été posée :
Comment ne nous haïssez vous pas. Cela se passait à Oradea (Roumanie). Ma réponse était simple et logique. Comment haïr ceux qui n’ont commis aucun crime et de plus n’étaient pas nées à cette époque.
L’Europe est malade « d’Auschwitz ». Les rancoeurs surgissent sans cesse.

Il est urgent de travailler au niveau européen.
J’ai fait de belles rencontres lors de mon séjour en Pologne. Des guides du musée, j’ai aussi eut la chance de connaître son directeur, qui fait un travail remarquable, le directeur de la Maison des jeunes d’Oswiecim et des gens simples.
Le monde a évolué depuis ces périodes noires de l’Histoire du vieux continent.
Si il y eut tant de pogroms cela est le fait de l’interdiction aux juifs de tuer. Nous ne pouvions tuer.
Le bolchévisme qui a fait évoluer la mentalité d’une partie des juifs d’Europe de l’est, la Shoah a pour effet, cela dérange encore et toujours certains, de permettre aux juifs de se défendre et pour se faire si nécessaire de tuer les assassins potentiels.
S’il est interdit de tuer il est aussi interdit de se laisser tuer.
L’antisémitisme n’est pas le fait exclusif de certains polonais. Il est vivant dans d’autres pays européens.
Cet antisémitisme est juste décomplexé. Il existait déjà (encore) à Bruxelles dans les années 70/80 et aujourd’hui. Conseillerons t’on en Pologne de cacher son appartenance juive si l’on souhaite déposser plainte comme c’est le cas en Belgique. Suite à des remarques d’une personne quelque « dérangée par le fait que je sois juive » il a été hautement conseillé de tenir « secret » mes origines !
Cette modification de la loi fait le buzz. Par contre il y eut un désintérêt total du 75 anniversaire de la bataille de Stalingrad. Pourtant si cette bataille essentielle eut été gagnée par les nazis, nous serions encore sous leurs jougs. Bon nombre d’entre nous n’existeraient pas.











14:11 Écrit par cheana | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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